Lire nos articles en différentes langues ici

 

Si l’Afrique porte un véritable gisement en termes de ressources humaines à l’horizon 2050, pour l’heure, sa jeunesse est son talon d’Achille. En effet, les taux de chômage et de sous-emploi chez les jeunes africains sont des plus importants dans le monde et augmentent chaque année.

C’est que les systèmes éducatifs actuels du continent ne parviennent pas à fournir à ses jeunes des compétences adéquates, même au niveau le plus élémentaire. Ce n’est donc pas pour rien que la 6e édition des Dialogues des Atlantiques, qui poursuit ses travaux à Marrakech, a consacré toute une plénière à la thématique.

En pleine transition économique, l’Afrique se retrouve aujourd’hui dans une situation meilleure qu’elle ne l’était auparavant. «Mais cette situation est encore loin d’être idéale», comme l’ont rappelé les différents panélistes et participants à cette rencontre.
Pour des millions de jeunes Africains sans emploi, mais férus de technologie, la révolution numérique de l’Afrique présente d’énormes possibilités, encore faut-il préparer cette révolution technologique et en faire une priorité, insiste Assia Bensalah Alaoui, ambassadeur itinérant de S.M. Mohammed VI.

«Changer le discours africain passe par l’éducation et la communauté savante doit y être impliquée en amont et en aval», ajoute-t-elle. Pour Kassie Freeman, ancienne présidente de la Comparative International Education Society et actuellement présidente du consortium de la diaspora africaine, c’est de la responsabilité des agences gouvernementales et des politiques publiques que de combler le fossé numérique avec des stratégies pensées à long terme.

D’après les projections, le continent comptera en 2050 un tiers de la population jeune de la planète, contre un cinquième actuellement. Il importe donc d’adapter au contexte les politiques publiques axées sur la jeunesse. Pour Assia Bensalah Alaoui, il faut des ressources financières stables, de bons partenariats régionaux et internationaux ou encore faire appel à la diaspora comme ce fut le cas au Rwanda.

Ce pays a réussi, 20 ans après le génocide, à transformer totalement son système éducatif faisant le pari d’un avenir high-tech, grâce aux ingénieurs formés par les universités. Cependant, estime Silas Lwakabamba, ancien ministre de l’Education du Rwanda, «on ne peut faire l’économie d’un enseignement technique et professionnel de qualité. C’est le seul moyen d’absorber le chômage des jeunes».

Pour les intervenants, il est essentiel que les États africains aillent plus loin dans leur collaboration, car l'évolution économique, sociale et culturelle ne pourra se faire sans une réelle stratégie de collaboration entre pays africains.

Le visa, un instrument désuet

Si le capital humain est l’avenir de l’Afrique, le continent est en train d’assister à un drame qu’est l’immigration de ses jeunes. Pour juguler ce fléau, il faut instaurer une relation encore plus poussée entre le Nord et le Sud. Une collaboration qui irait en profondeur pour essayer de débloquer tout le potentiel économique de l’Afrique, et qui nécessiterait des fonds importants, insiste Miguel Angel Moratinos, ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, qui a d’ailleurs fustigé le «visa» qu’il estime être «un instrument complètement désuet». Pour Moratinos, il s'agit d'un obstacle psychologique qui empêche de regarder les Africains autrement que comme des immigrants potentiels.

 

www.leconomiste.com

 

(Agence Ecofin)--Dans une analyse de marché, Goldman Sachs recommande à Bharti Airtel de sortir des marchés du Kenya, du Rwanda et de la Tanzanie et de vendre ses tours télécoms dans cinq marchés non-rentables pour réduire ses charges et augmenter ses marges en Afrique. La banque d’investissement insiste sur une évidence à laquelle s’était déjà rendu Sunil Bharti Mittal, le président du groupe télécoms indien, en janvier 2017. Prenant part au World Economic Forum de Davos en Suisse, l’homme d’affaires avait dévoilé l’intention de la société de fusionner et de céder certains de ses actifs

Goldman Sachs insiste sur la sortie de Bharti Artel du Kenya, du Rwanda et de Tanzanie parce que ces trois marchés enregistrent les marges financières les plus faibles de toutes les filiales du groupe en Afrique. Des gouffres financiers en somme. La banque d’investissement souligne que c’est grâce à des cessions stratégiques engagées par le groupe en Afrique depuis 2015, d’une valeur de 3,3 milliards de dollars US, qu’il a pu aujourd’hui, réduire sa dette de près de 40%.

Cette réduction de la dette combinée à l’amélioration des marges du bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda) a aidé la branche africaine de Bharti Airtel à enregistrer un profit positif au premier trimestre de l’année financière de 2018. Au 31 septembre dernier, Airtel Afrique a déclaré un profit de 48 millions de dollars US. L’année dernière, c’est 91 millions de dollars de perte que l’entreprise déclarait.

Goldman Sachs conseille aussi à Bharti Airtel une acquisition de 9Mobile au Nigeria. La banque explique qu’en additionnant simplement les parts de marché d’Airtel Nigeria et de 9Mobile, la part de marché fusionnée est légèrement plus grande que celle de l’actuel opérateur leader qu’est MTN Nigeria.

Le gouvernement reconnaît le rôle que l’éducation de qualité peut jouer dans le développement national et fera de son mieux pour fournir un enseignement qui réponde aux besoins du pays, a déclaré le Premier ministre Edouard Ngirente.

Le premier ministre s’est adressé hier à une séance plénière au Parlement. Il a décrit les priorités du programme septennal du secteur de l’éducation.

Le Premier ministre a indiqué que les défis à relever pour fournir une éducation de qualité répondant aux besoins du développement du pays restent toujours une priorité, malgré les efforts soutenus déployés par le gouvernement pour y remédier.

Il a indiqué que le pays manque encore de personnel qualifié dans de nombreux domaines tels que l’agriculture, l’exploitation minière, le tourisme, les transports, les vêtements, la transformation du lait et les infrastructures, d’où la nécessité d’une formation professionnelle.

Il a indiqué aussi que le gouvernement donnera une priorité aux cours de science, technologie et mathématiques, à l’enseignement et la formation technique et professionnel (EFTP), tout en encourageant l’apprentissage et l’utilisation des TIC dans l’éducation, la recherche et le renforcement des capacités.

Le gouvernement prévoit créer 1,5 million d’emplois dans les sept prochaines années et il est nécessaire de mobiliser et de faciliter la « Fédération du Secteur Privé » (PSF) pour aider à former, créer et développer les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les grandes entreprises pour l’efficacité, et développer des compétences pratiques, a déclaré Ngirente.

Au cours des 14 dernières années, plus de 1,7 million emplois ont été créés, a-t-il déclaré.

«C’est pourquoi le gouvernement continue de déployer des efforts pour améliorer les connaissances de nombreuses personnes afin qu’elles soient à la base d’une économie fondée sur la connaissance envisagée en 2020 et dans les sept prochaines années», a déclaré le Premier Ministre.

Soixante et un pour cent de la main-d’œuvre possède des compétences qui répondent aux besoins du marché du travail.

A l’aide de la recherche effectuée par le Secrétariat National du Renforcement des Capacités, le premier ministre a déclaré que même si beaucoup a été fait, il y a encore un manque de connaissances et de compétences nécessaires pour transformer l’économie.

« Notre éducation devrait donc s’attacher à combler ce fossé pour contribuer au développement plus rapide et durable de notre pays », a-t-il ajouté.

Développement de secteurs

Dans la plantation de thé, sur les 7 000 employés qualifiés dont on a besoin cette année, il n’y en a actuellement que 2 500. Le pays en aura besoin de 9 000 d’ici 2020 et de 12 000 travailleurs en 2024.

Cela permettra l’augmentation des exportations de thé de 25 500 tonnes en 2016 à 45 000 tonnes en 2024, selon Edouard Ngirente.

En horticulture, seulement 39 personnes ont les compétences requises alors que cette année, 528 personnes étaient nécessaires. Le secteur a également besoin de 692 agriculteurs formés d’ici 2020 et de 939 d’ici 2025.

Cela ferait passer la production horticole de 25 000 tonnes en 2016 à 46 000 tonnes en 2024.

Il est également nécessaire de former davantage de géologues, car le secteur minier manque toujours de main-d’œuvre qualifiée alors qu’il n’y avait que 13 000 personnes en 2016 contre les 23 900 nécessaires.

Au moins 83% des Rwandais impliqués dans le secteur minier utilisent des moyens rudimentaires, a-t-il ajouté.

D’après les prévisions, d’ici à 2030, le pays aura besoin de 44 700 travailleurs qualifiés.

Il a indiqué que dans le secteur du tourisme, les réunions incitatives, Conférences et Evénements (MICE) ont également besoin d’un coup de pouce, en particulier dans le secteur de l’hôtellerie, puisque le pays aura besoin de 155 600 personnes en 2025, contre 41 000 aujourd’hui.

Dans le secteur du traitement du lait et de la chaîne de valeur du lait entier, il a indiqué que 76% des personnes travaillant dans le secteur n’ont pas les compétences requises, tandis que seulement 10% des produits laitiers étaient transformés.

« Pour augmenter la production de lait à au moins 60% du lait transformé, il faut au moins 730 personnes formées », a-t-il dit.

Dans l’industrie du cuir, environ 15 000 personnes sont employées, ce qui laisse un manque à gagner de 2 930 employés.

Pour développer davantage de villes, il faut également former plus d’ingénieurs dans le secteur de la construction et le pays aura besoin de 17 000 ingénieurs contre 11 500 actuellement disponibles.

Dans le secteur de l’énergie, le pays aura besoin de 2 750 personnes en 2020.

« Toutes les économies avancées se sont développées grâce à de nouvelles innovations résultant d’une éducation de qualité répondant aux besoins du marché du travail », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que le gouvernement mettrait en place un fonds d’innovation pour aider les diplômés à devenir plus innovants et à créer leurs propres emplois.

Certains législateurs ont exprimé des réactions mitigées disant que le gouvernement devrait stabiliser le secteur de l’éducation car il a subi plusieurs changements au fil des ans, ce qui, selon eux, affecte la qualité de l’éducation.

Le député Jean Thierry Karemera a déclaré: « Le secteur de l’éducation est très sensible et chaque fois qu’il y a des lacunes, cela affecte la qualité de l’éducation. Nous devons faire correspondre notre éducation à nos besoins ».

Newtimes

(Agence Ecofin )--Le gouvernement rwandais et la Banque mondiale ont signé un accord financier d’une valeur de 125 millions $ au titre de l’Opération d’appui aux politiques de développement (DPO) du secteur énergétique rwandais. L’information a été rapportée par le quotidien The New Times.

Cette enveloppe prendra la forme d’un prêt concessionnel et permettra d’accompagner les actions entreprises par le pays, en faveur du secteur énergétique, dans le cadre de sa Stratégie nationale de transformation portant sur la période 2017-2024.

En outre, elle devrait contribuer, entre autres, à renforcer la transparence et la responsabilité dans les programmes d’électrification, améliorer la qualité des services d’approvisionnement, réduire les pertes d’énergie et assurer la viabilité financière sur le long terme du secteur énergétique.

Cet appui financier de la Banque mondiale est le premier d’une série de trois enveloppes, d’une valeur globale de 325 millions $, devant aller au profit du domaine de l’énergie au Rwanda.

Pour rappel, en 2015, le taux d’accès à l’électricité du Rwanda s’est établi à 24,5% et sa capacité de production électrique s’est chiffrée à 186 MW, d’après la BAD.

Histoire oblige, l’Europe reste le principal acteur étranger en Afrique, mais elle a perdue du terrain face à des nouvelles puissances dont la Chine, qui est désormais le premier pays indépendant partenaire de l’Afrique. 

“C’est parce que l’Europe est le partenaire le plus ancien qu’elle laisse des marges aux autres. C’est une évolution logique. Mais c’est elle est qui est devant. Il y a une histoire commune”, résume Pierre Dagbo, professeur de sciences politiques à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan et auteur de “La diplomatie africaine, théorie et pratique”.

“L’Europe est le premier partenaire commercial, le premier investisseur, le premier bailleur de fonds”, souligne une source diplomatique européenne à Bruxelles.
Les échanges entre l’Europe et l’Afrique se sont élevés à 286 milliards d’euros en 2015 avec une balance favorable pour l’UE de 22 milliards. Le Vieux Continent a injecté une somme similaire – 21 milliards d’euros – en aide à l’Afrique, un chiffre inégalé et loin devant Américains et Chinois. 

“Quand on dit que l’Europe s’est fait dépasser par la Chine, il faut savoir raison garder. L’Europe tient sa place”, indique une source diplomatique européenne à Abidjan qui rappelle que les langues parlées, la coopération culturelle ou universitaire, la présence militaire et l’aide font que “l’Europe reste la référence”.

Toutefois, les chiffres montrent que la concurrence est de plus en plus rude. Selon le ministère chinois du Commerce, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique a atteint 149,2 milliards de dollars en 2016 (56,9 milliards d’importations et 92,3 milliards d’exportations chinoises). La Chine est pour la huitième année le plus grand partenaire commercial de l’Afrique : loin devant la France et l’Allemagne.

La politique Chinoise est ‘‘très agressive’‘

La Chine a adopté une politique de dons et de prêts à taux très bas qui lui permet d‘être présente sur énormément de grands travaux. “Ils ont une politique très agressive, au bon sens du terme, sur les prêts et celle-ci séduit les Etats”, note un observateur économique. 

Selon l’Agence Chine Nouvelle, citant Fitch Ratings, les prêts de la Chine à l’Afrique dans les dix dernières années ont totalisé 67,2 milliards de dollars, soit 12,5 milliards de plus que les prêts de la Banque mondiale.

“Les aspects qui attirent les entreprises chinoises vers l’Afrique sont le potentiel de développement, les ressources et le marché. Le gouvernement chinois a le complexe du Sud. Il pense que quand le Sud deviendra puissant, le monde sera plus équilibré.

La Chine pense peut-être que comme deux des trois pôles de développement du monde (l’Europe et l’Amérique du Nord) sont déjà en décroissance, l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie deviennent la destination naturelle de l’investissement chinois”, estime Xu Tiebing, professeur de relations internationales à l’université de Communication de Chine.

“Dans le passé, la Chine était plus préoccupée par le côté politique, mais elle accorde maintenant plus d’importance au développement commun et aux avantages mutuels”. 

“C’est évident que la présence chinoise et sa montée en puissance ne passent pas inaperçues, mais la Chine n’est pas seule à s’intéresser fortement à l’Afrique. Regardez le Japon, l’Inde, les Etats du Golfe. Il y a une multitude d’acteurs”, nuance un diplomate européen.

Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont pris position sur le continent. Fort de ses racines africaines et après s‘être concentré en premier sur les pays lusophones, le Brésil a étendu son influence, même si son activité a été freinée par sa crise intérieure. Le commerce Brésil-Afrique a totalisé 12,433 milliards de dollars (dont 7,830 mds d’exportations brésiliennes) en 2016, mais il était de 28,5 milliards en 2013.

“Avec (le président) Lula (2003-2010), les relations Brésil-Afrique ont connu une période de grande intensité”, explique le professeur de relations internationales Pio Penna Filho, de l’université de Brasilia. Toutefois, avec l’arrivée de Dilma Rousseff (2011-2016), le Brésil “n’a pas mis fin à sa politique africaine, mais il y a eu une diminution de cette intensité” en raison de la crise au Brésil. 

Le professeur Dagbo souligne toutefois que l’Afrique doit renverser la tendance des échanges et notamment cesser d‘être perçue comme une “zone de matières premières”. “Exemple: la Côte d’Ivoire produit 2 millions de tonnes de cacao, mais n’en transforme que 20%. C’est ça qui doit changer”.

Africa News

Journal Ukuri- vol.97