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Le premier ministre dévoile le plan gouvernemental de «développement des compétences» pour les sept prochaines années

Le gouvernement reconnaît le rôle que l’éducation de qualité peut jouer dans le développement national et fera de son mieux pour fournir un enseignement qui réponde aux besoins du pays, a déclaré le Premier ministre Edouard Ngirente.

Le premier ministre s’est adressé hier à une séance plénière au Parlement. Il a décrit les priorités du programme septennal du secteur de l’éducation.

Le Premier ministre a indiqué que les défis à relever pour fournir une éducation de qualité répondant aux besoins du développement du pays restent toujours une priorité, malgré les efforts soutenus déployés par le gouvernement pour y remédier.

Il a indiqué que le pays manque encore de personnel qualifié dans de nombreux domaines tels que l’agriculture, l’exploitation minière, le tourisme, les transports, les vêtements, la transformation du lait et les infrastructures, d’où la nécessité d’une formation professionnelle.

Il a indiqué aussi que le gouvernement donnera une priorité aux cours de science, technologie et mathématiques, à l’enseignement et la formation technique et professionnel (EFTP), tout en encourageant l’apprentissage et l’utilisation des TIC dans l’éducation, la recherche et le renforcement des capacités.

Le gouvernement prévoit créer 1,5 million d’emplois dans les sept prochaines années et il est nécessaire de mobiliser et de faciliter la « Fédération du Secteur Privé » (PSF) pour aider à former, créer et développer les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les grandes entreprises pour l’efficacité, et développer des compétences pratiques, a déclaré Ngirente.

Au cours des 14 dernières années, plus de 1,7 million emplois ont été créés, a-t-il déclaré.

«C’est pourquoi le gouvernement continue de déployer des efforts pour améliorer les connaissances de nombreuses personnes afin qu’elles soient à la base d’une économie fondée sur la connaissance envisagée en 2020 et dans les sept prochaines années», a déclaré le Premier Ministre.

Soixante et un pour cent de la main-d’œuvre possède des compétences qui répondent aux besoins du marché du travail.

A l’aide de la recherche effectuée par le Secrétariat National du Renforcement des Capacités, le premier ministre a déclaré que même si beaucoup a été fait, il y a encore un manque de connaissances et de compétences nécessaires pour transformer l’économie.

« Notre éducation devrait donc s’attacher à combler ce fossé pour contribuer au développement plus rapide et durable de notre pays », a-t-il ajouté.

Développement de secteurs

Dans la plantation de thé, sur les 7 000 employés qualifiés dont on a besoin cette année, il n’y en a actuellement que 2 500. Le pays en aura besoin de 9 000 d’ici 2020 et de 12 000 travailleurs en 2024.

Cela permettra l’augmentation des exportations de thé de 25 500 tonnes en 2016 à 45 000 tonnes en 2024, selon Edouard Ngirente.

En horticulture, seulement 39 personnes ont les compétences requises alors que cette année, 528 personnes étaient nécessaires. Le secteur a également besoin de 692 agriculteurs formés d’ici 2020 et de 939 d’ici 2025.

Cela ferait passer la production horticole de 25 000 tonnes en 2016 à 46 000 tonnes en 2024.

Il est également nécessaire de former davantage de géologues, car le secteur minier manque toujours de main-d’œuvre qualifiée alors qu’il n’y avait que 13 000 personnes en 2016 contre les 23 900 nécessaires.

Au moins 83% des Rwandais impliqués dans le secteur minier utilisent des moyens rudimentaires, a-t-il ajouté.

D’après les prévisions, d’ici à 2030, le pays aura besoin de 44 700 travailleurs qualifiés.

Il a indiqué que dans le secteur du tourisme, les réunions incitatives, Conférences et Evénements (MICE) ont également besoin d’un coup de pouce, en particulier dans le secteur de l’hôtellerie, puisque le pays aura besoin de 155 600 personnes en 2025, contre 41 000 aujourd’hui.

Dans le secteur du traitement du lait et de la chaîne de valeur du lait entier, il a indiqué que 76% des personnes travaillant dans le secteur n’ont pas les compétences requises, tandis que seulement 10% des produits laitiers étaient transformés.

« Pour augmenter la production de lait à au moins 60% du lait transformé, il faut au moins 730 personnes formées », a-t-il dit.

Dans l’industrie du cuir, environ 15 000 personnes sont employées, ce qui laisse un manque à gagner de 2 930 employés.

Pour développer davantage de villes, il faut également former plus d’ingénieurs dans le secteur de la construction et le pays aura besoin de 17 000 ingénieurs contre 11 500 actuellement disponibles.

Dans le secteur de l’énergie, le pays aura besoin de 2 750 personnes en 2020.

« Toutes les économies avancées se sont développées grâce à de nouvelles innovations résultant d’une éducation de qualité répondant aux besoins du marché du travail », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que le gouvernement mettrait en place un fonds d’innovation pour aider les diplômés à devenir plus innovants et à créer leurs propres emplois.

Certains législateurs ont exprimé des réactions mitigées disant que le gouvernement devrait stabiliser le secteur de l’éducation car il a subi plusieurs changements au fil des ans, ce qui, selon eux, affecte la qualité de l’éducation.

Le député Jean Thierry Karemera a déclaré: « Le secteur de l’éducation est très sensible et chaque fois qu’il y a des lacunes, cela affecte la qualité de l’éducation. Nous devons faire correspondre notre éducation à nos besoins ».

Newtimes

Journal Ukuri- vol.97