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La Commission d'enquête sur le Burundi prolongée d'un an

La Commission d'enquête sur le Burundi pourra poursuivre ses investigations pendant un an. Le Conseil des droits de l'homme l'a prolongée vendredi à Genève, un jour après avoir voté une résolution moins forte sur l'envoi de spécialistes.

Au total, 22 pays dont la Suisse ont approuvé le document présenté vendredi, contre 11 opposés et 14 abstentions. Dans son rapport présenté début septembre, la Commission avait recommandé l'ouverture d'une procédure formelle par la Cour pénale internationale (CPI). "La plupart" des violences observées constituent des crimes contre l'humanité, avait dit alors son président Fatsah Ouguergouz. Il a mis en cause des responsables "au plus haut sommet de l'Etat".

L'instance n'appelait pas à la suspension du Burundi du Conseil, une décision qui ne peut être prise que par les Etats membres. Les violences en lien avec le processus électoral en 2015 avaient fait de 500 à 200 victimes et plus de 400'000 réfugiés.

La Commission a identifié des centaines d'exécutions extrajudiciaires et cas de torture, des milliers d'arrestations et de détentions arbitraires et des dizaines de violences sexuelles et de disparitions forcées. La plupart de ces actes sont attribués aux forces de sécurité ou aux milices progouvernementales.

 

Dispositif visé par l'UE

Et, comme elle le souhaitait, la Commission pourra continuer à mener ses investigations. Mais, jeudi, le Conseil des droits de l'homme avait voté une autre résolution contradictoire sur le Burundi, présentée par le groupe africain.

Trois spécialistes auront "pour mandat de travailler en coopération avec le gouvernement en vue de collecter les informations, déterminer les faits et circonstances" des violations des droits de l'homme. Ils devront "les transmettre aux autorités judiciaires du Burundi qui auront la charge d'établir la vérité".

L'UE a douté que ce dispositif permette "d'apporter une plus-value à la lutte contre l'impunité dans ce pays" et a estimé que les garanties indispensables n'étaient pas remplies. L'ambassadeur du Burundi, Renovat Tabu, a en revanche de son côté affirmé que la situation dans son pays "est normale sur tout le territoire national". L'ONG Human Rights Watch (HRW) a souligné que les trois spécialistes de l'ONU pourraient collaborer avec la Commission d'enquête.

BBC Afrique

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