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Migrants africains en Israël : solution de rechange d'une « exfiltration » programmée

L’alternative d’Israël aux quelque 42.000 migrants subsahariens en situation irrégulière : l’expulsion rémunérée ou la prison ! Une troisième voie vient d’être ouverte après un accord entre l’Etat hébreu et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Israël ne va plus expulser tous les « infiltrés », le terme employé dans le pays pour désigner les migrants subsahariens. Mais, il ne va pas non plus les recevoir et pourrait même les « exfiltrer» tous. Explications

« L'accord signé avec le HCR permet l'annulation immédiate de l'expulsion vers un pays tiers comme prévu dans le plan précédent ». La précision du Bureau du Premier ministre est de taille. Elle intervient au lendemain de l'expiration d'un ultimatum fixé au 1er avril pour procéder à l'expulsion de ceux qu'Israël qualifie de « réfugiés fictifs ».

L'accord avec le HCR, la solution de rechange les « infiltrés »

Comme une sorte de solution de rechange, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a annoncé ce lundi 2 avril, la signature d'un accord avec le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) sur le cas de ces migrants en provenance d'Afrique subsaharienne, flanqués du surnom d'« infiltrés ».

Sous cette catégorisation outrancière, Tel-Aviv désigne principalement les Erythréens, les Soudanais et les Ethiopiens, entrés illégalement par le Sinaï égyptien pour peupler les quartiers défavorisés de la capitale israélienne. Début février, c'est la désillusion pour ces petites mains des commerces, restaurants et boutiques des banlieues.

Début février, lorsqu'ils se sont pressés vers les administrations israéliennes pour renouveler leur visa de résidence, tous ont reçu des ordres de quitter le territoire (ODQT) avec un ultimatum qui prend des airs de menace. Soit ils acceptent une aide au retour de 3500 dollars pour repartir dans leur pays, soit ils sont jetés en prison jusqu'à obtempération. Aujourd'hui, avec l'accord trouvé avec le HCR, une partie des migrants vont trouver asile dans des pays européens tandis qu'une autre partie va rester en Israël pour y être régularisés pour « au moins cinq ans ». Mais qu'est-ce qui a motivé cette brusque reculade de l'Etat hébreu sur son projet d'expulser les Africains ?

«Pirouette cosmétique» pour une «exfiltration» vers Kigali ou Kampala

Les négociations du HCR, parmi les critiques du projet israélien, y sont pour beaucoup. Mais il faut aussi prendre en compte les manifestations monstres organisées par les réfugiés eux-mêmes avec le soutien d'intellectuels et de rescapés de la Shoah qui avaient pris leur fait et cause. L'effet du tollé médiatique et politique sur un pays soucieux de son image à l'international mais aussi l'électrochoc au sein même de l'opinion publique israélienne qui se rappelle encore ses blessures d'un passé récent, ont fait le reste.

«Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Israël sont arrivés à un accord permettant le départ d'au moins 16.250 migrants africains vers des pays occidentaux(...)», précise le communiqué du bureau du Premier ministre. Le reste des 42.000 migrants africains recensés par le ministère de l'Intérieur, devraient théoriquement rester en terre israélienne. Théoriquement seulement !

Par une «pirouette cosmétique», Israël vient peut-être de revenir à la situation de départ en se jouant des scrupules de ceux qui sont opposés à son projet d'expulser les migrants africains. Si des pays occidentaux - à déterminer- acceptent de prendre leur «quota» de réfugiés, ceux qui restent en Israël peuvent bien être « exfiltrés » vers un autre pays d'Afrique.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu aurait signé un accord avec le Rwanda et l'Ouganda afin qu'ils acceptent d'accueillir sur leur sol, des réfugiés expulsés d'Israël. En échange, l'Etat hébreu aurait accepté de verser aux deux pays, 5000 dollars par réfugié accueilli. Si la Cour suprême israélienne lève son veto posé à ce projet, le reste des 42.000 « infiltrés » (une fois le quota occidental déduit) pourrait être « exfiltré » vers Kigali ou Kampala.

La Tribune Afrique

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