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Kamanyola : massacres des réfugiés burundais ! Plus jamais ça !

 

Ils étaient plusieurs dizaines de Burundais ce samedi à Bruxelles pour condamner le massacre des réfugiés burundais par l’armée congolaise  le 16 septembre à Kamanyola, à l’est de la République Démocratique du Congo.

Autour du CNARED, la plateforme burundaise d’opposition politique, et de la société civile, les Burundais venus principalement de la Belgique, mais aussi de la France et de la Hollande, se sont rassemblés devant le Palais de Justice à Bruxelles, bougies en mains, pour condamner ce crime et réclamer justice pour leurs compatriotes massacrés au Congo.

« Nous sommes venus exprimer notre indignation par rapport à la barbarie meurtrière perpétrée contre nos compatriotes réfugiés à Kamanyola. C’est très regrettable et condamnable que ceux qui étaient censés les protéger, ce sont eux-mêmes qui les ont massacrés. Ceux qui les ont tués doivent être poursuivis et traduits devant la justice. Et nous demandons que plus jamais ça les réfugiés ne soient plus massacrés », a indiqué Pancrace Cimpaye, porte-parole du CNARED.

L’insécurité grandissante à l’est de la République Démocratique du Congo notamment à Uvira compromet dangereusement la sécurité des refugiés au Congo et inquiète beaucoup bon nombre d’observateurs nationaux et internationaux.

La manifestation visait donc aussi à alerter la communauté internationale surtout le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés sur la situation dramatique que vivent les réfugiés dans la région des Grands Lacs surtout au Congo et en Tanzanie.

Pour rappel, la fusillade de l’armée congolaise sur les réfugiés burundais sans arme, a fait 36 morts et plus de 120 réfugiés.

Malgré les explications peu convaincantes fournies par Kinshasa, certains n’hésitent pas à y voir la main de Bujumbura. D’autant plus que, à part quelques deux tweets du ministre des Affaires Etrangères, Alain Nyamitwe, Bujumbura est resté muet sur ce massacre de ses citoyens sur le sol congolais. Et la radio CCIB FM+ qui a osé critiquer ce mutisme de Bujumbura, s’est vue suspendue d’émettre pour trois mois.

Pour certains manifestants, ça ne fait pas nul doute que Bujumbura soit impliqué de près ou de loin.

« Le massacre de Kamanyola me révolte énormément parce que cela montre à quel point la situation au Burundi est grave. Car d’après les témoignages de certains rescapés, certains hommes en uniforme qui ont tiré sur les réfugiés, parlaient le kirundi. Ce qui démontre qu’il y avait des Burundais parmi les militaires congolais. Parce qu’à ce que je sache, on ne parle pas kirundi au Congo », s’indigne Ella Kaneza, chargée des questions sociales au sein du Mouvement des Jeunes Solidaires (MJS), affiliés au Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD).

Selon toujours Kaneza, cela rend la RDC tout autant coupable que le Burundi parce qu’il apparaît que l’armée congolaise collabore avec le pouvoir de Bujumbura qui voudrait donner en exemple les victimes de Kamanyola pour montrer que toute personne qui s’oppose à lui, ne sera nulle part en sécurité .

Ce qui fait craindre à cette jeune solidaire, que le drame de Kamanyola risque de se reproduire ailleurs dans d’autres camps si la communauté internationale n’intervienne pas dans l’immédiat.

Mais, malgré la peur, la souffrance et le deuil dans lesquelles est plongé le pays depuis plus de 2 ans, Maggy Barankitse, celle qu’on surnomme «l’ange du Burundi », a plutôt appelé à plus d’espoir.

« L’amour finira par vaincre la haine, la vie l’emportera sur la mort et nous devons rester débout. On ne nous écrasera pas », a exhorté Marguerite Barankitse, l’icône de la paix et des droits de l’homme au Burundi, plusieurs fois auréolée pour son action humanitaire en faveur des enfants.

Enfin, vous saurez également que ce rassemblement, bien qu’il n’ait pas drainé assez de monde, a vu quand même la participation de presque toutes les grandes figures de l’opposition politique et de la société civile burundaise en exil (photo ci-bas). Ce qui pourrait présager désormais une plus grande solidarité de l’opposition burundaise, très indispensable pour faire face au régime de Bujumbura.

J.M