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Burundi : L’opposition accuse l’Ombudsman de «torpiller» le processus de paix

Ancien ministre de l’Intérieur et militant du parti au pouvoir, l’Ombudsman du Burundi ne fait pas l’unanimité. Son élection en 2016 par le Parlement a été contestée par l’opposition.

L’opposition burundaise en exil a accusé Edouard Nduwimana, Ombudsman, ou Médiateur de la République, jugé pro-régime, de "torpiller" le processus de paix.

«Au moment où le peuple burundais attend avec impatience le démarrage effectif de véritables négociations inclusives, à même de remettre le pays sur la voie de la stabilité et le retour à l’Etat de droit, Edouard Nduwimana use de manœuvres visant à torpiller le processus des négociations d’Arusha, par la constitution d’une opposition parallèle et «pirate» dite «interne», a déclaré dans un communiqué publié lundi soir, le professeur Charles Nditije, président du Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit (CNARED), principale plateforme de l’opposition en exil.

L’opposition burundaise «condamne sans réserve» ces manœuvres et tricheries «indignes d’un Ombudsman et contraires aux missions qui sont attachées à cette fonction», rapporte la même source.

Pour aider le Burundi à sortir de la crise qui le secoue depuis plus de deux ans, l’opposition demande aux dirigeants de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (CAE), à l’Union Africaine, aux Nations Unies et aux autres partenaires de «prendre des mesures coercitives pour contraindre le régime de Bujumbura à prendre part aux négociations, et ce, sans conditions». 

«Une convocation rapide d’une session de véritables négociations avec les vrais protagonistes couperait court à ses spéculations et redonnerait espoir au peuple burundais, en proie à des exactions de toutes sortes, à la peur, au désespoir et à une misère sans nom», a conclu le leader de l’opposition radicale.

Ancien ministre de l’Intérieur et militant du parti au pouvoir, l’Ombudsman du Burundi ne fait pas l’unanimité. Son élection en 2016 par le Parlement a été contestée par l’opposition.

Pourtant, de par la constitution du pays, cette personnalité est supposée être indépendante.

Elle a notamment la mission «d’assurer la médiation entre l’Administration et les Citoyens, d’assurer le contrôle du bon fonctionnement des entités administratives et de recevoir des plaintes et mener des enquêtes concernant les fautes de gestion et de violation des droits des citoyens commises par des agents de la fonction publique, judiciaire, des établissements publics et de tout organisme investi d’une mission de service public. 

Ni le gouvernement burundais ni l’Ombudsman n’ont encore réagi à ces accusations de l’opposition radicale. 

Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. 

Ces violences ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé plus de 400.000 personnes à l’exil selon l’ONU et les ONG. 

Jean Bosco/Anadolu