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Rwanda: Enquête sur la santé mentale avec une partie consacrée aux rescapés

Depuis le 1er août 2018, une enquête sur la santé mentale des Rwandais (enquête sur la santé mentale au Rwanda) est en cours, avec une partie consacrée aux rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi.

L'enquête est menée dans tout le pays dans huit secteurs de chaque district où un village est choisi dans chaque secteur. Les personnes interrogées sont les membres de 30 ménages de chaque village âgés de 14 à 65 ans, l'objectif étant d'évaluer leur santé mentale.

En particulier, conformément à la 11ème résolution du 14ème Conseil national de dialogue (Mener une recherche dans le but de comprendre en profondeur tous les problèmes et conséquences liés aux traumatismes chez les rescapés du génocide afin de les résoudre), l'enquête comporte une partie consacrée à l'étude de la prévalence des troubles mentaux et de la comorbidité chez les rescapés du génocide commis contre les Tutsi, 24 ans après son arrêt.

Dans cette partie consacrée aux survivants du génocide contre les Tutsi, 919 rescapés âgés de 24 ans et plus seront interrogés dans tout le pays, en fonction du nombre de rescapés dans chaque district, comme l’indique le recensement des rescapés mené par l’Institut National des statistiques du Rwanda en 2007

L'enquête sur la santé mentale au Rwanda (RMHS) est la première étude nationale mandatée par le gouvernement pour enquêter sur la prévalence des troubles mentaux et de la comorbidité dans une étude sur la population adulte générale au Rwanda et les rescapés du génocide en particulier.

L’enquête sera  accomplie à la fin du mois de juin 2019. Elle est menée par le Ministère de la santé via le Centre biomédical du Rwanda (RBC) en partenariat avec le Ministère de l’Administration  Locale (MINALOC), l’Université du Rwanda (UR), la Commission National de Lutte contre le Génocide (CNLG), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Coopération Technique Belge (BTC), Johnson & Johnson, Partners in Heath (PIH), Institut National des Statistiques du Rwanda et Huye Isange Rehabilitation Center (HIRC).

Jusqu'à présent, différents chercheurs ont démontré que les problèmes liés au traumatisme sont encore fréquents chez les rescapés du génocide au Rwanda. Une enquête nationale menée sur un échantillon de 3 030 jeunes rescapés du génocide âgés de 8 à 19 ans (un an après le génocide de 1994) a montré que le taux de PTSD était de 54% (Neugebauer et al. 2009). Parmi les veuves rwandaises qui ont survécu au génocide de 1994, le taux de PTSD était de 45,2% (Hagengimana et al. 2003). Dix ans après le génocide, parmi les jeunes chefs de famille, la dépression majeure était de 53% (Boris et al. 2008). Le PTSD et la dépression ont été mesurés 11 ans après le génocide de 1994 chez les femmes rwandaises infectées par le VIH et âgées de plus de 15 ans pendant le génocide (y compris les victimes de viol). En 2009, la prévalence nationale du PTSD était estimée à 26,1% dans la population générale (Munyandamutsa et al. 2012). Un tel taux de prévalence impose aux institutions rwandaises de considérer le PTSD et les troubles concomitants comme un problème de santé publique. En outre, les rapports sur les interventions en matière de santé mentale pendant la commémoration du génocide suggèrent un traumatisme croissant parmi les jeunes nés après le génocide (MoH, 2016).

ARI


Journal Ukuri n°138

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