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RDC : Deux soldats et 4 miliciens tués dans l’Est

Les miliciens voulaient "principalement" se "ravitailler en armes et en munitions"

Deux militaires congolais et quatre miliciens ont été tués, dimanche matin, lors de combats entre l’armée et une milice à Beni – un territoire meurtri de la province troublée du Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris Anadolu auprès de l’armée.

Vers 5H25 (03H25 GMT) "l’armée a repoussé une attaque des miliciens Maï-Maï Mazembe contre la localité de Isale-Bulambo (territoire de Beni), faisant deux morts dans le rang des forces régulières et 4 du côté rebelle", a déclaré à Anadolu le lieutenant Jules Tshikudi, un des porte-paroles de l’armée dans la région.

La situation est redevenue calme vers 8H à Isale, un centre d’affaires dans la région, selon le même officier qui ajoute que les miliciens voulaient "principalement" se "ravitailler en armes et en munitions" et "prendre le contrôle de cette localité".

Fin octobre, une autre attaque de cette localité par des miliciens avait été repoussée par l’armée, faisant un mort côté rebelle.

Formé entre fin 2015 et début 2016 par des combattants essentiellement de la communauté Nande répandue dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu, le groupe Maï-Maï Mazembe fait partie de plusieurs dizaines de groupes armés qui pullulent dans l’Est de la RDC.

Le Maï-Maï est un terme général qui désigne des groupes armés d’autodéfense ethnique en République démocratique du Congo, un pays immense d’au moins 80 millions d’habitants.

Depuis quelques mois, des miliciens Maï-Maï ont intensifié leurs attaques contre des positions de l’armée régulière dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région déchirée par plus de 20 ans de conflits armés. 

Anadolu

Les Nations unies ont mis en garde mardi Kinshasa contre d’ »éventuelles violation des droits de l’homme » mercredi lors des mobilisations à l’appel de l’opposition contre le calendrier électoral qui prolonge de fait le mandat du président Joseph Kabila jusqu’à janvier 2019.
 
 
« Conformément à son mandat, la Monusco se réserve le droit d’observer les événements et de rapporter d’éventuelles violations des droits de l’homme », a déclaré le patron de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), Maman Sidikou, dans un communiqué. « La Mission exhorte ainsi les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales telles que stipulées dans la Constitution congolaise, dont la liberté de réunion et de manifestation », ajoute le communiqué.
 
Pas de violence
 
« La Monusco rappelle également aux citoyens que le droit de manifester implique de s’abstenir de recourir à la violence sous toutes ses formes », souligne la mission onusienne.
 
Les manifestations sont souvent lourdement réprimées en RDC comme il y a un mois à Goma (est) où un rassemblement s’était soldé par plusieurs morts (dont un policier). Plusieurs mouvements citoyens (Lucha, Filimbi…) et une large partie de l’opposition ont appelé à manifester mercredi contre le calendrier présenté le 5 novembre par la commission électorale.
Ce chronogramme renvoie au 23 décembre 2018 toute une série d’élections, dont la présidentielle pour désigner le successeur de M. Kabila, hors mandat depuis décembre 2016.
 
La communauté internationale se rallie
 
Le Rassemblement de l’opposition demande une « transition sans Kabila » à partir du 1er janvier 2018 et des élections plus tôt dans le courant de l’année.
 
Pour sa part, la communauté internationale – Nations unies, États-Unis, UE et les deux grands partenaires de la RDC France et Belgique – s’est ralliée au calendrier des autorités en demandant des mesures de « décrispation » politique (liberté de manifester, libération des « prisonniers politiques »…).
 
Un accord pouvoir-opposition signé le 31 décembre 2016 sous l’égide de l’église catholique prévoyait des élections au plus tard fin décembre 2017.

Leonard She Okitundi, ministre des Affaires étrangères congolais, ici le 22 mars 2017. © Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

 

Le renforcement de la paix et de la sécurité aux frontières communes a été au cœur de la 1ère session de consultation ministérielle bilatérale tenue les 24 et 25 octobre à Bujumbura entre le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC).

Côté RDC, la délégation congolaise était conduite par le vice-Premier ministre des Affaires Etrangères et de l'Intégration Régionale, Léonard She Okitundu, et le ministre de la Défense Nationale, des Anciens Combattants et de la Réinsertion, Crispin Atama Tabe. La délégation burundaise était conduite par le ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale, Alain-Aimé Nyamitwe, et son homologue en charge de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, Emmanuel Ntahomvukiye.

Pays riverains du lac Tanganyika et partageant un même passé historique pour avoir été, tous les deux, colonies belges de 1920 jusqu'à l'aube des années 1960, le Burundi et la RDC appartiennent aussi à des mêmes ensembles d'intégration régionale africaine, dont la plus ancienne créée en 1966 à Gisenyi (Rwanda) et focalisée sur la consolidation de la sécurité régionale, à savoir la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) regroupant les deux pays et le Rwanda.

Selon un haut cadre du ministère burundais des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale qui a pris part à ces travaux, le Burundi et la RDC sont confrontés à certains "défis communs" qu'ils veulent relever ensemble.

A ce jour, a-t-il expliqué, dix défis sont déjà identifiés. Ainsi, il a cité la porosité des frontières communes, la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC), la présence des bandes armées tout au long des frontières communes, les enlèvements et les rançons, les menaces terroristes, les vols à main armée sur le lac Tanganyika et de part et d'autre de la plaine de la Rusizi, la situation des migrants, le flux des réfugiés dans les deux pays, le rapatriement des réfugiés dans les deux pays, la fraude et la contrebande aux frontières communes ainsi que des insuffisances au niveau de la protection des patrimoines environnementaux.

A titre de réponses vis-à-vis de ces défis, les deux parties ont convergé sur plusieurs recommandations "consensuelles" en vue d'aller de l'avant à l'avenir.

De la sorte, ces assises ont proposé l'établissement d'un "mémorandum d'entente" sur le renforcement et le maintien de la paix et de la sécurité sur la frontière burundo-congolaise, la mise en place d'un cadre d'échanges d'informations entre les autorités administratives des deux pays à tous les niveaux, ainsi que l'initiation des rencontres régulières des autorités militaires, policières et administratives des provinces frontalières du Burundi et de la RDC.

Cette rencontre a recommandé également la mise en place des mécanismes conjoints de stabilisation de la plaine de la Rusizi (qui prennent en considération le développement durable du lac Tanganyika en tant que "patrimoine commun"), la sécurisation de l'espace tout au long des frontières communes, ainsi que la mise en place d'un plan opérationnel de neutralisation des "forces négatives et autres bandes armées" déstabilisant les deux pays, via notamment l'organisation des patrouilles coordonnées de part et d'autre de la frontière commune.

L'organisation de ces patrouilles coordonnées, souligne le communiqué final de ces assises, devra impliquer les forces de la marine des deux pays pour "empêcher toute activité" des forces négatives et des bandes armées opérant le long du lac Tanganyika.

Dans une perspective de consolider la coopération burundo-congolaise, le Burundi et la RDC envisagent en plus, la signature d'un accord bilatéral pour la gestion du séjour et de l'établissement des deux pays sur le territoire de l'un et de l'autre, la réactivation de la tripartite Burundi-RDC-HCR (Haut Commissariat des Réfugiés), la relocalisation des camps des réfugiés burundais loin de la frontière commune conformément aux normes internationales en la matière, et l'encouragement au retour volontaire des réfugiés burundais et congolais dans leurs pays respectifs.

Le renforcement de la sécurité à la frontière commune burundo-congolaise impliquera également, au regard des conclusions de ces assises de Bujumbura, une étude de la question des "postes frontaliers juxtaposés" par les services des migrations des deux pays, la réactivation des activités de la "Commission Technique Mixte" chargée de la démarcation et de la matérialisation de la frontière commune burundo-congolaise, ainsi que la mise en place d'une "commission mixte permanente" en charge des questions politiques, de défense et de sécurité.

Cette 1ère consultation bilatérale ministérielle burundo-congolaise s'est penchée également sur la dimension économique pour consolider le volet sécuritaire sur la frontière commune.

Ainsi, c'est dans cette perspective que les deux pays projettent d'ériger un pont pour piétons reliant la localité burundaise de Gihanga (province Bubanza) à la localité congolaise de Kagina (province du Sud-Kivu), la conjugaison des efforts communautaires en vue de lutter contre la fraude et la contrebande transfrontalières, ainsi que la mise en place d'un mécanisme conjoint de protection de l'environnement le long de la frontière commune ; en l'occurrence au niveau du littoral du lac Tanganyika et de la plaine de la Rusizi.

Les deux parties se sont convenues de la tenue de la 2ème session de cette consultation bilatérale ministérielle dans un proche avenir dans la province congolaise du Sud-Kivu à une date qui sera communiquée par voie diplomatique.

Wei SHAN, Guangqi CUI | Le Quotidien du Peuple

Le gouvernement du Burundi a rejeté « catégoriquement » la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'autoriser l'ouverture d'une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés entre 2015 et 2017 au Burundi. La ministre de la Justice a assuré vendredi que Bujumbura ne collaborerait « jamais » avec cette cour.

« En tout état de cause, le Burundi n’ouvrira jamais la coopération avec la CPI dans la mise en oeuvre d’une décision qui a été prise en violation du Statut de Rome et des principes du droit international », a martelé Aimée Laurentine Kanyana, ministre burundaise de la Justice, dans une déclaration lue devant la presse. « Le Burundi rappelle qu’il s’est retiré du Statut de Rome depuis le 27 octobre 2017. Le gouvernement n’ayant pas été notifié de la décision de la CPI d’enquêter sur le Burundi avant son retrait effectif, (…), il n’est pas lié par cette décision », a-t-elle affirmé.

Le fait d’avoir appris cette information « par les médias 14 jours » après la décision de la Cour, « vient confirmer encore une fois la politisation des droits de l’homme et de la justice internationale, ainsi que la tentative de déstabilisation des pays africains (…) par les forces néo-colonialistes », a accusé la ministre. Le pouvoir a appelé à des manifestations samedi dans toutes les provinces du pays pour dénoncer la décision de la CPI.

« Le Burundi est tenu de coopérer »

Les experts en droit pénal international estime cependant que le retrait du Burundi de la CPI n’empêche en rien l’ouverture de l’enquête avant le 27 octobre, date à laquelle ce retrait sera effectif.

Dans une décision rendue sous scellés le 25 octobre, la Chambre préliminaire a autorisé la procureure Fatou Ben Souda à « ouvrir une enquête sur des crimes (…) qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017 »

Cette décision établit que la CPI est compétente pour enquêter sur des crimes commis « pendant que le Burundi était un État partie au Statut de Rome ». La CPI insiste également sur le fait que « le Burundi est tenu de coopérer avec la Cour dans le cadre de cette enquête, car celle-ci a été autorisée le 25 octobre, avant la date à laquelle son retrait a pris effet ».

La procureure Fatou Bensouda  avait réclamé l’autorisation d’ouvrir une enquête notamment sur « le meurtre et la tentative de meurtre, l’emprisonnement ou la privation de grave de liberté, la torture, le viol, la disparition forcée et la persécution ».

Jeune Afrique

 

Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, à son arrivée à Juba le 25 octobre, précédente étape de sa tournée en Afrique avant Kinshasa. © REUTERS/Jok Solomun

Après l'Ethiopie et le Soudan du Sud, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, est arrivée en République démocratique du Congo pour une visite de 48 h. Elle devrait rendre visite aux casques bleus à Goma, dans le Nord-Kivu, puis rencontrer des membres de l'opposition et de la société civile. Point d'orgue de ce déplacement, la rencontre prévue vendredi à Kinshasa avec le président Joseph Kabila. Cette visite d'un haut responsable de l'administration Trump est un message fort envoyé aux autorités congolaises.

En diplomatie, les symboles parlent presque  autant que les mots. Nikki Haley est ainsi arrivée en avion militaire à Kinshasa avec une trentaine d'accompagnateurs. Une visite qui rappelle celle, en 1997, de Bill Richardson, médiateur de Bill Clinton, venu réclamer la tête de Mobutu, rappelle notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

Vingt ans plus tard, Nikki Haley serait elle aussi venu dire à Joseph Kabila qu'il est temps de lâcher le pouvoir et de publier un calendrier électoral acceptable. L'annonce par la commission électorale que les scrutins ne pourraient pas se tenir avant 2019, a en effet ulcéré les autorités américaines. L'ambassadrice dispose d'ailleurs d'un formidable outil de pression : la menace de sanctions financières qui pourraient toucher des membres de la famille Kabila...

Durant son tête à tête présidentiel, Nikki Haley devrait évoquer aussi la mort des deux experts de l'ONU, dont Michael Sharp de nationalité américaine. Washington accuse les autorités congolaises d'avoir bâclé l'enquête. Il ne faut pas se tromper: à travers Nikki Haley, étoile montante de la diplomatie américaine- au point qu'on parle d'elle comme possible remplaçante du secrétaire d'état Rex Tillerson,  c'est bien la voix de Donald Trump qui vient tancer et menacer les autorités congolaises.

Les attentes de l'opposition et la prudence des autorités

L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies rencontre ce jeudi différentes personnalités et la classe politique congolaise est dans l’expectative. Qu’attendent les politiques congolais de cette visite ? L’opposition, notamment le Rassemblement des Forces acquises au changement attend un message clair du président Donald Trump au président Joseph Kabila. « Nous attendans de l'ambassadeur qu'elle obtienne de Jopseh Kabila le respect de la Constitution de son pays et la mise en oeuvre de l'accord de la Saint-Sylvestre dans sa lettre et dans son esprit, comme l'a demandé par ailleurs la résolution 2348 du Conseil de sécurité des Nations unies, de manière à permettre aux Congolais d'élire leurs nouveaux dirigeants pour prendre en charge le destin national et promouvoir l'alternance », explique Christophe Lutundula Pene Apala, vice-président du G7, à notre correspondant à Kinshasa, Kamanda Wa Kamenda.

Le porte-parole de la Majorité, Alain André Atundu joint au téléphone, adopte lui une attitude prudente. L'usage diplomatique, explique t-il à RFI, veut que nous attendions que l’éminente émissaire puisse nous livrer elle-même le contenu de son message au chef de l’Etat congolais au lieu de nous livrer à des spéculations relevant plus de l’imagination que de la réalité des choses.

Par RFI

 

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