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RDC : Nangaa confirme et signe. Pas de scrutin avant 2019

RDC : Nangaa confirme et signe. Pas de scrutin avant 2019

Depuis le passage éclair de Joseph Kabila, président hors mandat de la République démocratique du Congo, aux Nations unies, le plan de bataille mis sur pied par la majorité présidentielle pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir s’évente chaque jour un peu plus « au fur et à mesure que les acteurs de la majorité se sentent réconfortés par l’évoluton des événements », explique un diplomate en poste aux Etats-Unis. « Ils en sont convaincus, décembre 2017 passera comme décembre 2016 », poursuit-il.

Au lendemain de la prestation matinale et devant un auditoire clairsemé à l’Assemblée générale des Nations unies de Joseph Kabila, les premières informations avaient commencé à fuiter sur le « plan Nangaa ».

Le patron de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait précédemment affirmé qu’il n’y aurait pas d’élections en 2017. Aubin Minaku, le président de la Chambre, avait confirmé en expliquant qu’il était préférable de patienter quelque peu pour être certain d’avoir des élections irréprochables.

Dans la foulée du retour de la délégation à Kinshasa, c’est le président du CNSA, Joseph Olenghankoy qui avait été secoué par Kalev, le patron des renseignements, et Néhémie, le dirCab de Kabila. Le message était encore plus limpide et la date des scrutins, bien plus éloignée. Rendez-vous avec les urnes en décembre 2019 !

Scrutin indirect

« Kabila organisera les élections, mais pas tout de suite. Il se prépare à glisser très très longtemps », expliquait Herman Cohen à LalibreAfrique.be, quelques jours après son entretien avec le président Kabila à New York. L’ancien diplomate américain expliquait encore que « Kabila parle de la difficulté d’organiser douze scrutins simultanément. »

Toutes ces informations se recoupent dans les dernières fuites. Selon ces dernières, relayées par des diplomates présents récemment aux Etats-Unis, le plan de la Ceni se décompose en « 6 points mais un seul objectif » selon l’expression de ce diplomate : « permettre à Kabila de rester encore quelques longues années de plus grâce à un processus qui userait la volonté des Congolais et qui doit se donner suffisamment d’apparences légales pour être accepté par la communauté internationale ».

Pour atteindre son objectif, le patron de la Ceni veut imposer le vote semi-électronique (« encore un contrat sur lequel certains pourront prélever leur dîme, tout en garantissant suffisamment d’opacité pour assurer la victoire de son favori »). Sans oublier, au passage, qu’il faudra encore un peu plus de temps pour installer ces machines que les bonnes vieilles urnes en bois.

Comme l’annonçait Kabila à Herman Cohen, tous les scrutins se dérouleront le même jour, pour des raisons fallacieuses d’économie, notamment. On l’aura compris, il est complètement impossible, selon ce scénario, d’organiser ce scrutin avant décembre 2019, ce qui revient à la conversation entre Néhémie-Kalev et Olenghankoy. D’autant que pour tenter de calmer la nervosité de la diaspora, le pouvoir entend justifier quelques mois de délais supplémentaires par l’absolue nécessité d’inclure les Congolais de l’étranger dans le fichier électoral.

Et le troisième dialogue ? « Une distraction pour laisser le temps à la MP de ficeler son projet de calendrier électoral et de réforme constitutionnelle, tout en tâtant le terrain pour débaucher encore l’un ou l’autre opposant de second rang ». Car il y a, dans le plan Naanga une dernière petite surprise déjà évoquée : « le président sera désormais élu au scrutin indirect. Le peuple se fait voler son droit de choisir directement le président. Celui-ci étant élu par les députés et les sénateurs. Histoire d’éviter toute surprise », conclut le diplomate qui rappelle qu’il ne croit pas un seul instant que la réunion des présidents africains le 19 octobre à Brazzaville « apporte la moindre avancée dans la crise congolaise » et qui invite « par contre » à être « attentif à la viste de  l’ambassadrice américaine aux Nations Unies » Nikki Haley. « Elle suit le dossier RDC et encore plus le cas de la famille Kabila de très près », prévient-il.

La libre Afrique

 

 

 


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