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La Banque mondiale invite les pays africains à freiner leur endettement

                                             

La gestion du service de la dette sur le Continent ne convainc toujours pas les responsables des institutions financières internationales. Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Afrique, s'inquiète de la situation d'endettement des pays africains et les invite à freiner leurs niveaux d'endettement.

L'économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Afrique, Albert Zeufack, a invité mercredi les pays africains à freiner leurs niveaux d'endettement pour pouvoir assurer le service de la dette, rapporte l'agence Xinhua. Albert Zeufack s'exprimait en vidéo-conférence, lors de la publication de la dernière édition d'Africa's Pulse, un rapport semestriel de son institution qui analyse l'état des économies africaines.

Depuis 2014, a indiqué l'économiste, de nombreux pays africains ont multiplié leurs dettes par trois et leur taux d'endettement a été accéléré surtout avec la baisse des prix des matières premières. «Nous avons vu de nombreux pays passer de faible risque à un taux modéré. Les pays se doivent de freiner leur endettement, surtout que l'on n'arrive pas encore à mettre en place des mécanismes de mobilisations des recettes et des ressources domestiques pour pouvoir assurer le service de la dette», a-t-il fait remarquer.

En 2011, il y a eu un «accroissement significatif» de cette dette. Or, lorsque l'on accroît la dette dans un environnement où les recettes augmentent, cela «ne menace pas la soutenabilité». Mais quand on« ne peut pas compter sur l'aide publique» et que les pays «n'arrivent pas encore à s'organiser pour lever suffisamment de taxes en interne» pour financer leurs propres investissements, cela hausse le risque.

Cette situation a entraîné un accroissement du déficit fiscal primaire dans de nombreux pays, a relevé Albert Zeufack. «Ainsi, le service de la dette devient difficile à assurer. Nous ne voulons surtout pas que nos pays soient dans une situation où toutes les taxes que l'on collecte sont orientées à payer les dettes. Cela nous empêchera d'investir dans l'éducation, les infrastructures, de créer des emplois, etc.», a-t-il ajouté.

Naturellement au-delà de 70% du Produit intérieur brut (PIB) du pays, la dette devient à haut risque. Même les pays qui sont en dessous de ce taux devraient commencer à revoir leurs stratégies d'endettement. Il faut créer un espace fiscal pour diversifier nos économies», a-t-il conclu.

Un discours qui n'est toujours pas apprécié par les pays africains. Récemment, quand le FMI a mené sa mission d'évaluation de la situation économique du Sénégal, exprimant son inquiétude quant à l'augmentation de la dette du pays, le président Macky Sall a profité de la cérémonie d'ouverture du troisième Forum Investir en Afrique entre la chine et l'Afrique pour exprimer son point de vue sur la question. Pour lui, le risque évoqué par le FMI est surévalué.

En vérité, le risque est surévalué en Afrique. Le risque n'est pas aussi important qu'on le prétende. Sur la dette, les pays africains ne sont pas tellement en défaut. Malgré toute la théorie qui est faite autour de la dette sur le continent. Même sur les projets de partenariat, le risque est très acceptable comparé à ce qui se fait ailleurs dans le monde... Il faut que le forum réfléchisse sur comment ramener le risque à sa juste proportion», avait déclaré le président sénégalais.

La Tribune